Le monuments aux morts de Lancié

Publié le 12 avril 2026

Par Jean-Louis Griveaux et Daniel Perrier. Histoire et Généalogie en Beaujolais bulletin n°5.

Si lors du conflit de 1870 – 1871, une plaque commémorative avait suffi pour y inscrire les jeunes gens de Lancié tombés au champ d’honneur, il n’en fut pas de même pour la première guerre mondiale, et le 18 juin 1919, le conseil municipal de Lancié décida la construction d’un monument et demanda un devis à l’entreprise Bornarel de Villefranche sur Saône.

LES DEVIS

L’entreprise de « Marbrerie-Sculpture » Bornarel répond par un devis estimatif en date du 27 octobre 1919 donnant les précisions suivantes :

– 1 double emmarchement Villebois 1190 fr 1 monument en pierre de Vaurion avec palme et motif en façade 5590 fr 1 coq Gaulois terrassant un aigle      2000 fr     Total:  8760 fr

– 2  pour mettre le monument en place: poseurs, forfait 300 fr,   9 chevaux pour transport à 60 fr  l’un       Total: 540 fr

                                                                              soit    9600 fr

Lettres de texte l’une gravée et peinte: 0 fr 45 Maçonnerie, pose des marches, concours du maçon et fourniture d’une échelle d’engin à la  charge de la commune.                        

 Après délibération, le conseil municipal trouve la facture trop lourde et demande une révision du devis. Cette révision parvient au conseil municipal le 30 octobre 1919 :

Suppression de la 1ère marche 648 fr
Suppression de la grande palme 400 fr
Suppression du motif

Remplacement du coq sur l’aigle

300 fr
par un coq 300 fr

Total 1648 fr                       Ce qui ramène le prix à 9600 – 1648   = 7952 fr

 Le coq Gaulois serait le même que celui du monument de Trévoux, et M. Bornarel précise : « Enfin, pour vous montrer tout mon désir à vous être agréable, il serait sculpté une palme sur le fronton sans que le prix en soit augmenté ».

 Enfin, un dernier devis estimatif comprenant l’ensemble des travaux ainsi que les gravures de 450 lettres est envoyé à la mairie le 3 août 1920 pour un montant total de 10720 fr.  Il est à noter que le coq terrassant un aigle prévu dans le premier devis sera bien mis en place sur le monument. 

                                         

Détail du Coq

LA DÉCISION

Le 7 novembre 1920, le conseil municipal réuni dans la salle de la mairie sous la présidence de M. Antoine Latriche, maire, et en présence des conseillers ; MM. Moreaux, Desclas, Manin, Mulin, Jacquet, Després, Rieu, Marchat, Galet et Legeas, décide de la construction du monument.

Voici un extrait de la délibération :

 « M. le maire, porte à la connaissance de l’assemblée municipale que suivant les instructions ministérielles ; les communes qui ont décidé l’érection de Monuments aux soldats morts pour la France, sont tenues de recourir à la procédure de l’adjudication pour la fourniture du monument et les travaux d’installation ou peuvent au contraire procéder par voie de traité ».  

 Or, le monument que la commune de Lancié se propose d’ériger étant d’un type déterminé dont M. Bornarel s’est assuré légalement le monopole de fabrication suivant l’ordonnance du 14 novembre 1837, laisse toute facilité à la commune de Lancié de traiter de gré à gré avec l’entrepreneur. M. le maire demande donc à l’assemblée de bien vouloir l’autoriser à conclure le traité.

 

 

 

« Ouï les explications fournies par M. le maire, Vu le devis descriptif et estimatif du monument à ériger. Considérant que le projet soumis lui parait bien étudié, le style du monument bien choisi et les conditions d’acquisition et d’installation avantageuses pour la commune, autorise M. le Maire, conformément à la loi, à conclure un traité de gré à gré avec M. Bornarel, marbrier-sculpteur à Villefranche, pour la fourniture du susdit monument. « Et prie Monsieur le Préfet de vouloir bien ratifier de son approbation, la présente délibération.

 

 

 

 

 

LE FINANCEMENT

Une lettre envoyée à la mairie de Lancié le 2 septembre 1920 par la préfecture du Rhône, indique que le Conseil Général a décidé d’allouer une somme de 100 francs à chacune des communes qui feront ériger un monument commémoratif aux morts pour la Patrie.

Dès 1919 un comité est créé par les démobilisés, afin de recueillir des souscriptions pour l’érection d’un monument.  Une vente de bois rapporte la somme de 3935 Francs.

Une souscription est également lancée et avec les dons divers, mariages etc., rapportent une somme de 5 828,75 francs.  Les intérêts des placements 200 francs.

 La somme totale réunie pour la construction s’élève donc à 10 060, 75 francs.

 Les travaux peuvent commencer.

 Le 10 janvier 1922, un arrêté ministériel alloue une somme de 517 francs à la commune, ce qui porte la recette totale à 10 577,75francs permettant de régler la totalité des dépenses. 

LE TRAITÉ

Le 20 décembre 1920, le traité de construction entre l’entreprise Bornarel et la commune de Lancié est signé ;  en voici sa transcription:

« L’an mil neuf cent vingt et le vingt décembre entre sieurs Latriche Antoine, maire de la commune de Lancié, agissant en suite de la délibération du conseil municipal en date du sept novembre écoulé, approuvé par M. le préfet le sept décembre courant et Bornarel, marbrier sculpteur à Villefranche sur Saône, a été conclu le traité suivant :

Le Sieur Bornarel s’engage à fournir à la commune de Lancié qui l’accepte, un monument destiné à commémorer les soldats (morts) pour la France. Le prix de ce monument d’après le devis descriptif estimatif fourni par l’entrepreneur s’élève à la somme de huit mille quatre cents francs.

 A ce chiffre s’ajoutera celui relatif à la gravure des lettres de texte fixé à 0,45 franc l’une pour 36 noms et prénoms et comportant quatre cent cinquante lettres la somme de deux cent deux francs, cinquante centimes.

 Le prix total du monument s’élèvera donc à la somme de huit mille six cent deux francs, cinquante centimes.

 Après lecture des clauses et conditions qui précèdent, le présent traité a été approuvé et signé par les deux parties contractantes. Fait à Lancié les jours, mois et an susdits. »

 

TRAVAUX ET INAUGURATION

 L’ensemble des travaux, terrassement, fondations et maçonneries, réalisés par l’entreprise F. Chabirol de Lancié et l’érection réalisée par Bornarel, se déroulèrent de janvier à juin 1921. 

 

La facture de F. Chabirol s’éleva à 719 francs, celle de Bornarel à 8 657,50 francs.

 

 

 

 

 

 

Cependant, avant l’inauguration, deux faits ont marqué la commune de Lancié: tout d’abord, ce fut une citation posthume pour le chasseur Dumont Joseph, inscrit pour la médaille militaire avec la citation suivante: « Brave chasseur; tombé glorieusement pour la France le 8 janvier 1915 devant …(?) »

Puis le dimanche 12 juin, eut lieu la ré-inhumation dans le cimetière du corps du sous-lieutenant Lucien Loron, du 134e d’infanterie, chevalier de la légion d’honneur. La famille seule et les autorités y assistaient.

L’inauguration eut lieu le 26 juin 1921 sous la présidence de M le sous-préfet Valayer et de la fanfare de Romanèche, un banquet donné dans la salle Berthommier, suivi d’un concert avec l’impresario « Minat » et sa troupe terminèrent cette journée.

Déplacement en 2000:

                           

 

LES MORTS DE LANCIÉ

1870 

Afin de compléter notre étude sur les monuments  aux morts du canton de Belleville, nous recherchons tous renseignements, tels que photos, livrets militaires, lettres, uniformes ou objets ayant appartenu aux soldats: Antoine CHAMERAT, Jean-Pierre NETIENT, Etienne DEMONT, Pierre BONNERUE.    Ils vous seront bien sûr rendus après numérisation.    Merci.

 

1914

Marius Valentin BALMONT : 23 ans, né le 10 mai 1891 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 159e  régiment d’infanterie, mort pour la France le 26 août à Mesnil sur Belvitte (Vosges).

Christophe COUSTY: 36 ans, né le 10 mai 1878 à Arnac Pompadour (19), adjudant au 326e régiment d’infanterie, mort pour la France le 11 septembre à Blaize (Marne). 

Antoine DORY : 36 ans, né le 24 juillet 1875 à Fleurie (69), soldat de 2e classe au 4e régiment d’artillerie, mort pour la France le 21 décembre à Chalon sur marne (Marne).

Joanny GALLAND : 22 ans, né le 24 juillet 1892 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 35e régiment d’infanterie, mort pour la France le 20 septembre à Vhevillecourt (Aisne).

Louis Victor Joseph JUILLARD : 22 ans, né le 19 mars 1892 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 35e régiment d’infanterie, mort pour la France le 6 septembre à Bouillancy (Oise).

Claude NETIEN : 21 ans, né le 19 septembre 1893 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 99e régiment d’infanterie, mort pour la France le 25 août à Mesnil de Senones (Vosges).

Claude PAQUELET : 22 ans, né le 28 novembre 1892 à Lancié (69), chasseur de 2e classe au 22e bataillon de chasseurs alpins, mort pour la France le 28 août à Mandray (Vosges).

Etienne ROCHE : 29 ans, né le 6 décembre 1885 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 349e régiment d’infanterie, mort pour la France le 23 août à Ste Marie aux Mines (Alsace).

Louis VERSAUT : 24 ans, né le 8 mars 1890 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 23e régiment d’infanterie, mort pour la France le 2 septembre à Mandray (Vosges).

 

1915

 Pierre DEBIZE : 20 ans, né le 27 juin 1895 à Corcelles (69), sapeur au 5e régiment du génie, mort pour la France le 22 mai à Verdun (Meuse).

Joseph DUMONT : 32 ans, né le 1er mars 1883 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 55e bataillon de chasseurs à pied, mort pour la France le 9 janvier à Crouy (Aisne).

Joannès FONTAINE : 

André GELIN : 21 ans, né le 11 novembre 1894 à Vaux renard (69), soldat de 2e classe au 117e  régiment d’infanterie, mort pour la France le 21 octobre à Chalon sur Marne (Marne).

Jean Claude GELIN : 23 ans, né le 20 mars 1892 à Vaux renard (69), caporal au 35e régiment d’infanterie, mort pour la France le 25 septembre à la ferme de Waques, commune de Souain Perhés les Hurlus  (Marne).

Pierre Eugène LAPIERRRE : 21 ans, né le 10 octobre 1894 à Romanèche Thorins (71), soldat de 2e classe au 27e régiment d’infanterie, mort pour la France le 19 avril à Bois d’Ailly (Meuse)).

Marius MIOLANE : 22 ans, né le 21 septembre 1893 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 97e  régiment d’infanterie, mort pour la France le 3 août à Louches (Pas de Calais).

Félix Marie André RIEUX : 45 ans, né en 1870 à Lancié (69), capitaine dans l’infanterie coloniale, mort pour la France le 17 août à Libreville (Gabon).

Pierre ROUSSIAUX : 36 ans, né le 23 septembre 1879 à St Romain des Iles (71), soldat de 2e classe au 153e régiment d’infanterie, mort pour la France le 22 mars à Frezenberg (Belgique).

Vital BONNERUE: 40 ans, né le 29 août 1878 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 49e régiment d’infanterie, mort pour la France le 9 juin à Courcelles (Oise).

 

1916

Jean Joseph AUJAS : 23 ans, né le 22 décembre 1893 à Paris (75), sergent au 172e régiment d’infanterie, mort pour la France le 24 octobre aux combats de Bouchavesnes (Somme).

Jules BERTHELOT : 22 ans, né le 20 août 1894 à Lancié (69), soldat de 1ère classe au 142e régiment d’infanterie, mort pour la France le 21 mai au Fort de Vaux (Meuse).

Jean Claude CHEMARIN: 23 ans, né le 6 mai 1893 à Marcigny (71), sergent au 20e bataillon de tirailleur Sénégalais, mort pour la France le 14 octobre à Rénalie (Serbie).

Joannès JAMBON : 20 ans, né le 1er décembre 1896 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 162e  régiment d’infanterie, mort pour la France le 10 juillet à Veho (Meurthe et Moselle).

Jean Baptiste LAPIERRE : 27 ans, né le 27 mars 1889 à Romanèche Thorins (71), 2e canonnier au 115e régiment d’artillerie lourde, mort pour la France le 5 juillet, batterie de tir de Bellerupt (Meuse).

Claude LORON : 34 ans, né le 1er août 1882 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 346e régiment d’infanterie, mort pour la France le 9 juillet à Barleux (Somme).

Benoît GALLAND : 26 ans, né en 1889 à Blacé (69), soldat de 2e classe au 35e régiment d’infanterie, mort pour la France le 8 septembre devant Verdun (Meuse).

Marius Lucien LORON: 23 ans, né le 4 octobre 1893 à Paris (75), sous lieutenant au 134e régiment d’infanterie, mort pour la France le 9 juin à Marbotte (Meuse).

 

1917

 Antoine DAILLER : 24 ans, né 5 décembre 1893 à Villié Morgon (69), caporal au 172e régiment d’infanterie, mort pour la France le 14 mai aux combats de Bovettes (Aisne).

André GALLAND : 23 ans, né le 2 septembre 1894 à Lancié (69), caporal au 41e régiment de chasseurs à pied, mort pour la France le 3 juillet à Beaurieux (Aisne).

Louis JANIN: 22 ans, né le 19 décembre 1895 à Lancié (69), soldat de 1er classe au 8e régiment de zouaves, mort pour la France le 18 avril à Cuperly (Marne).

 

1918

 Félix CARTET : 22 ans, né le 10 février 1893 à Chiroubles (69), soldat de 2e classe au 28e bataillon de chasseurs, mort pour la France le 2 septembre à Juvigny (Aisne).

Jean Marie CHARVET: 21 ans, né le 5 décembre 1897 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 299e régiment d’infanterie, mort pour la France le 2 octobre aux combats de Bouconville (Ardennes).

Antoine DESCOMBES: 30 ans, né le 20 novembre 1888 à Fleurie (69), sergent au 52e régiment d’infanterie, mort pour la France le 22 novembre à Heilbronn Lazaret (Allemagne).

Pierre Léon LORON: 34 ans, né le 29 juin 1884 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 153e régiment d’infanterie, mort pour la France le 21 juillet à Verdilly (Aisne).

Louis MANIN: 28 ans, né 16 octobre 1890 à Lancié (69), maréchal des logis au 130e régiment d’artillerie lourde, mort pour la France le 21 juillet, les fossés d’Aramont (Aisne).

Jean RENAUD : 39 ans, né le 18 décembre 1879 à Lancié (69), soldat de 2e classe au 120e bataillon de chasseurs à pied, mort pour la France le 17 août à Vineuil St Firmin (Oise).

 

1920

Marcel Joseph Marie Dominique TRONE : 21 ans, né le 22 septembre 1899 à Marseille (13), aspirant au 153e régiment d’artillerie, mort pour la France le 24 août à Lancié (Rhône).

 

1943

 Marcel Houzet : Fusillé par les Allemands à Lyon La Doua le 13 novembre.

 

1944

André JANNIN : Fusillé par les Allemands à Lyon, Ecoles de la Santé le 10 janvier. 

Georges LAPIERRE : Disparu en captivité.

 

1945

 Eugène BOISSIEUX : Tué à Kœnigsberg le 19 février. 

 

1961

Lucien GAILLETON : 32 ans, né le 20 novembre 1929, mort pour la France le 25 mai 1961 (Algérie).