Femmes de France au 20ème siècle
Exposition aux Archives Départementales Mâcon, 6 octobre 2025.
En une centaine d’années, la société française a connu de profondes mutations dont les femmes ont souvent été actrices. Pourtant elles ont longtemps été les grandes oubliées de l’histoire.
L’exposition est présentée non pas de façon chronologique mais selon plusieurs thématiques : personnages féminins emblématiques, « à la maison », « la mode », « l’école », « combats et reconnaissance », « au travail », « voter et être élue », «la guerre au féminin ».
1 Marie Guillot

Une pionnière de Saône et Loire Damerey, 1880-1934
Issue d’un milieu modeste, elle devient institutrice en 1898. Elle adhère au Parti socialiste, à la Société de Libre-Pensée et à la Ligue des droits de l’homme. En 1906, elle fonde l’Association des femmes de Saône et Loire pour la propagation des idées laïques et en 1911, une section syndicale départementales pour les enseignants.
Son mot d’ordre, « Femme, ose être », s’affiche dans la tribune féminine de la revue « l’Ecole émancipée » à laquelle elle participe.
Au congrès de la Fédération des syndicats d’instituteurs de 1912, elle demande l’égalité de traitements entre instituteurs et institutrices et défend l’organisation syndicale des ouvrières en 1914 à Paris. Elue secrétaire générale-trésorière du Comité départemental des syndicalistes révolutionnaires de Saône et Loire en 1920, elle devient la première femme secrétaire confédérale de la CGTU, de 1920 à 1924.
A cause de ses opinions, sa carrière d’institutrice, est ponctuée de réprimandes, convocations, jusqu’à sa révocation. Elle a néanmoins continué à se consacrer à l’action syndicale et à ses engagements féministes jusqu’à sa mort à 54 ans.
«La division des rôles sociaux entre les sexes, aux hommes le domaine public, aux femmes le domaine privé, a, par une « habitude » séculaire, façonné la psychologie, la mentalité, le comportement des uns et des autres (…) Notre seul tort… est de ne pas nous placer en avant… » Marie Guillot.
2 Quelques dates clés :
1901 : Constitution du Conseil national des femmes françaises (CNFF) fédération d’associations féminines et féministes.
1903 : Libre disposition du salaire pour les femmes mariées.
1936 : Nomination de trois femmes sous-secrétaires d’Etat dans le gouvernement du Front populaire.
1938 : Suppression de la puissance maritale et reconnaissance de nouveaux droits à la femme mariée. Rq : La loi autorise désormais les femmes à s’inscrire à l’université sans l’accord de leur mari. Avant cette loi, les femmes étaient encore définies par le code Napoléon de 1804 comme « incapable civile » qui les assimilait aux mineur·es, aux délinquant·es et aux dément·es. Elles deviennent « majeures ». Mais le statut de « chef de famille » intégre le Code civil, il disparaîtra en 1970 !
1944 : Droit de vote et d’éligibilité des femmes.
1960 : Création du « Mouvement français pour le planning familial » qui lutte pour la légalisation de l’avortement et la contraception en France
1965 : La femme mariée obtient le droit de gérer ses biens et de travailler sans l’accord de son mari.
1967 : Autorisation de vendre des produits contraceptifs.
1975 : Légalisation de l’interruption volontaire de grossesse, IVG (loi Veil)
1991 : Edith Cresson, première femme Premier ministre.
1992 : Sanction du harcélement sexuel sur le lieu de travail.
2000 : Loi sur la parité en politique. Les partis doivent présenter autant d’hommes que de femmes aux élections.
2007 : Ségolène Royal, première femme au second tour des élections présidentielles.
2012 : Loi sur le harcélement sexuel. Obligations pour les entreprises d’assurer l’égalité professionnelle.
2017 : Affaire Weinstein : libération de la parole des femmes victimes d’agressions sexuelles.
2022 : Yaël Braun-Pivet, première femme présidente de l’Assemblée nationale.
2024 : Inscription du droit à l’IVG dans la Constitution (4 mars)
3 A la maison :
Le statut de la femme connaît des avancées considérables au cours du XXème siècle. Jusqu’aux années 1970, la femme se conforme souvent aux rôles d’épouse, de mère et de femme au foyer.
Se marier et fonder une famille étaient les perspectives couramment fixées aux jeunes filles. Les élibataires, dites « vieilles filles », ou encore les filles-mères, étaient cibles de moqueries voire de mépris.
Epouse : La femme passait de l’autorité du père à celle du mari. Les conventions sociales exigeaientque les veuves nombreuses après la Première Guerre mondiale, s’habillent en noir.
Des réformes successives ont conduit à un statut plus égalitaire. Toutefois, certains comportements masculins témoignent des rapports de domination qui subsistent.
Mère : Le rôle de la femme, longtemps associé à la maternité, a été renforcé par les politiques natalistes de l’entre-deux-guerres.
Les années1970 marquent un tournant. Les femmes revendiquent le droit de maîtriser leur fécondité . Le slogan «Un enfant, si je veux, quand je veux» résume leur combat.
Les termes « parent isolé » et « IVG » remplacent les expressions stigmatisantes.
Ménagère : L’idéal de la femme au foyer domine encore dans les années 1950. Les femmes assument l’essentiel des tâches ménagères, en plus de leur éventuel travail à l’extérieur. Cette « double journée » reste une réalité pour beaucoup malgré les évolutions des mentalités.
4 La mode, entre coutume et tradition

Jupe, chevilles cachées, chignon et chapeau, c’est ce que portent les femmes au début du XXe siècle.
Après la Grande Guerre, les vêtements libèrent le corps et le montrent.
Durant les années folles, les tissus sont plus souples et les jupes sous les genoux. Les plus audacieuses, les « garçonnes », se coupent les cheveux et s’applatissent la poitrine pour se donner une allure masculine.
La crise des années 30 appelle à la sobriété. Les jupes se rallongent. Dans les années 1950, l’image de la pin-up, caractérisée par une taille de guêpe et une forte poitrine, s’impose dans les magazines.
Les années 1960 voient l’émergence du bikini et de la mini-jupe. La décennie suivante aspire à l’insouciance. Le corps féminin s’affranchit du regard de l’homme et les femmes s’approprient définitivement le pantalon. Rq : En 1800, une loi particulière est votée. Elle dit que « toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation ». « S’habiller en homme », cela veut surtout dire, à l’époque, porter un pantalon. Le pantalon permet aux femmes une liberté de déplacement, de mouvement que la robe (ou la jupe) entravait. Mais, aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est seulement à partir du 31 janvier 2013 que la loi autorise les femmes françaises à porter un pantalon.
Les années 80 révolutionnent les sources d’inspiration, avec un choix renouvelé de matières et de couleurs.
5 L’école
L’éducation est le premier droit que les femmes acquièrent au cours des XIX-XXe siècles. La possibilité de faire des études et d’exercer un métier leur ouvre la voie de l’indépendance sociale, économique et politique.
A la fin du XIXe siècle, la IIIe République met en place un système d’instruction publique gratuit, laïc et obligatoire avec des enseignements différenciés selon les sexes.
Au-delà des matières de base, l’apprentissage des filles est orienté vers la gestion du foyer avec la couture et l’hygiène. Les garçons des milieux populaires étudient l’agriculture et les matières liées aux activités industrielles.
Ce modèle change dans les années 1970 avec les classes mixtes.
Cependant des inégalités persistent : les filles réussissent mieux à l’école que les garçons mais diversifient moins leurs choix d’orientation.
Règlement de l’Ecole ménagère agricole ambulante de Saône et Loire (1925) :
Instituée en 1923, cette école a pour but de donner aux jeunes filles de plus de 15 ans. Une instruction agricole et ménagère leur permettant de tenir une maison et de collaborer à la bonne conduite d’une exploitation rurale. La première séssion ouvre à Lugny de mars à juillet 1924. D’autres sessions dans différentes communes du département suivront. L’enseignement, composé de cours de cuisine, de repassage, de couture, d’économie domestique, d’hygiène ou encore de puériculture, d’apiculture et de basse-cour, est le même pour toutes les inscrites quelle que soit leur condition sociale.
A partir de la fin du XIXe siècle, l’enseignement réservé aux filles évolue pour se rapprocher de celui des garçons. Des collèges et des lycées de jeunes filles sont créés. A partir de 1938, les femmes peuvent s’inscrire à l’Université sans l’accord de leur mari et en 1976, la mixité scolaire est imposée dans tous les établissements.
Les collèges d’enseignement technique remplacent les centres d’apprentissage en 1959 et précédent les lycées professionnels créés en 1985.
6 Le travail

Dans l’entre-deux-guerres, les femmes aident à la reconstruction avant d’être renvoyées dans leur foyer et à leur rôle d’épouse et de mère, notamment dans la classe ouvrière. Le travail domestique est valorisé à travers des revues spécialisées. En Saône et Loire, les femmes au foyer travaillent souvent aussi à domicile comme lingères, brodeuses, couturières ou tisseuses. Elles montent également des parapluies et réalisent le cannage des chaises.
7 Combats et reconnaissance
1850-1950 : Droit de vote et émancipation économique et sociale.
Années 1960-1970 : Droit à disposer de son corps.
Années 1980 : Lutte contre les discriminations notamment professionnelles
Depuis 2012 : Lutte contre le harcèlement et les agressions.
Avancées Nationales :


Valéry Giscard d’Estaing met en place le secrétariat d’Etat à la Condition féminine (1974), dirigé par Françoise Giroud, journaliste et patronne de l’Express.
Yvette Roudy, femme politique socialiste, est nommée ministre des Droits de la Femme entre 1981 et 1986. Le ministère des Droits de la Femme soutient, en 1992, la création du numéro national d’aide aux femmes victimes de violence : le 3919. En 2022, sur 244000 victimes de violences conjugales, 86% sont des femmes. 93 féminicides ont été recensés en 2023.
Droit à disposer de son corps :

Sportives : Au début des années 1910, Marie Marvingt (1875- 1963) est la femme la plus décorée de France. Sportive de haut niveau, elle est aussi licenciée en lettres et polyglotte. Rq : Natation, cyclisme, alpinisme, aéronautique, aviation, équitation, gymnastique, athlétisme, escrime, jeux d’adresse.

C’est le 8 mars 1910 qu’Elisa Deroche, belle-sœur de l’inventeur Gabriel Voisin, a obtenu le 1er brevet de pilote d’avion accordé à une femme. Elle décèdera à 36 ans dans un accident d’avion.
Au cours du XXe siècle, le sport féminin se démocratise et est facteur d’émancipation.
Dans l’espace public :
Entre 1958 et 1970, sur près de 100 dossiers de dénomination de voies et d’établissements instruits par la préfecture de Saône et Loire, 4 proposaient des femmes : Yvonne Emorine (résistante), Berthie Albrecht (féministe, antifasciste et résistante française), Suzanne Lengien (joueuse de tennis) et Hélène Boucher (aviatrice).
Le Panthéon compte 7 femmes sur 81 personnalités : Sophie Berthelot (1907) (épouse de Marcellin Berthelot, chimiste et homme politique, qui souhaitait être inhumé avec sa femme), Marie Curie (1995) (Scientifique d’exception, elle est la première femme à avoir reçu le prix Nobel et la seule femme à en avoir reçu deux. En 1903, les époux Curie partagent avec Henri Becquerel le prix Nobel de physique pour leurs recherches sur les radiations. En 1911, elle obtient le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le polonium et le radium), Geneviève de Gaule-Anthonioz (2015)( nièce du président Charles de Gaule, résistante française puis militante des droits de l’homme et de la lutte contre la pauvreté), Germaine Tillon (2015) (résistante et ethnologue), Simone Veil (2018) (magistrate et femme d’État française, icône de la lutte contre la discrimination des femmes, loi dépénalisant le recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) ), Joséphine Baker (2021) (chanteuse, danseuse, actrice, meneuse de revue et résistante française d’origine américaine) et Mélinée Manoukian (2024) (épouse de Missak Manoukian, militant communiste, résistant, ouvrier et poète arménien réfugié en France).
8 Au travail :
Si la Première Guerre mondiale permet l’essor du travail des femmes dans les usines et à l’université, l’entre deux guerres valorise davantage la maternité et le rôle de l’épouse. Le travail féminin à l’extérieur reste toutefois important : la population active compte un tiers de femmes dans les années 20.
Pendant la crise des années 1930, les femmes sont les premières victimes du chômage. Sous l’Occupation, le régime de Vichy est hostile au travail des femmes mariées, mais l’absence des nombreux prisonniers de guerre rend celui-ci indispensable. Aujourd’hui, le salaire des femmes est encore inférieur de 23,5% en moyenne à celui des hommes. Par ailleurs, les femmes représentent plus de 80% des actifs à temps partiel.
D’après une étude de 1930 sur le travail à domicile en Saône et Loire, les activités pratiquées sont la broderie, la confection de vêtements, le montage de parapluies, le cannage et le paillage de chaises ou encore le tissage. Les femmes ont une large place dans les travaux des champs et de la vigne. Aux usines Schneider, nombre d’entre elles étaient employées comme ouvrières.
9 Voter et être élue :
Dans la première moitié du XXe siècle, les revendications des suffragettes françaises se heurtent aux refus des parlementaires. Les femmes elles-mêmes en perçoivent encore mal les enjeux. A Mâcon, Jean Bouvet défend les revendications des suffragettes françaises. Aux élections municipales en 1929, il présente une candidate sur sa liste : madame Debise.
Le droit de vote est accordé aux Françaises le 21 avril 1944 malgré les réticences persistantes marquées par l’influence de l’Eglise et par le doute sur leur capacité à exercer des fonctions publiques.
L’exercice du pouvoir politique :
Après 1944, les femmes usent largement de leur droit de vote, mais le nombre d’élues reste très inférieur à celui des hommes. Pour opérer un rééquilibrage, le principe de parité politique est inscrit dans la Constitution depuis 1999. En 2008, seulement 12,2% des conseillers généraux de Saône et Loire sont des femmes.
La loi du 17 mai 2013 impose la parité, notamment pour les élections départementales.
10 La guerre au féminin :
Sans qu’elles participent directement aux combats, l’engagement des femmes dans les deux conflits mondiaux du XXe siècle est massif et déterminant. Elles doivent affronter la cherté de la vie, la pénurie des denrées, la peur et la souffrance nées d’une séparation affective, d’un exode et des deuils.
En 1914, les femmes françaises sont appelées à remplacer les hommes partis au front. Elles prennent en charge les fermes, travaillent dans les usines et s’engagent dans les services de santé.
L’après-guerre voit un retour à l’ordre traditionnel. Les femmes sont encouragées à redevenir des mères de famille, participant ainsi au redressement démographique du pays.
1939-1945 : Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Françaises représentent 10 à 20% des résistants. Leur engagement leur vaut, en 1944, le droit de vote et d’éligibilité. Malgré ces avancées, la société reste réticente à leur accorder pleinement leurs droits.
Lucie Aubrac (1912-2007) Originaire de Salornay-sur-Guye (71), elle rejoint la Résistance en 1940, avec son mari. Depuis Londres, elle déclare le 20 avril 1944 sur les ondes de la BBC : « La guerre est aussi l’affaire des femmes ». Surnommée « Madame conscience», elle a dédié sa vie à préserver le mémoire de la Résistance et à transmettre ses valeurs.
La Libération, moment de liesse et d’espoir, est aussi marquée par des violences. Des femmes, accusées de collaboration ou d’immoralité, sont publiquement humiliées, illustrant la complexité de cette époque.
La Déportation : Selon les travaux de Jeanne Guillot-Voisin, 234 femmes de Saône et Loire furent arrêtées puis déportées, et seules 97 ont survécu. Parmi les disparues : Irêne Némirovsky, femme de lettres d’origine juive réfugiée à Issy-l’Evêque et Marie-Louise Zimberlin, professeur à Cluny et résistante.
En complément :
1791 : Olympe de Gouges publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, pastiche de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est un texte fondateur (Elle est considérée aujourd’hui comme la première féministe), prônant l’émancipation de la femme. Rejeté par la Convention, le texte demeurera lettre morte. Engagée dans la Révolution, soutenant les Girondins, s’opposant à l’exécution de Louis XVI, Olympe de Gouges sera guillotinée le 3 novembre 1793.
1792: adoption de la première loi française sur le divorce.
L’Assemblée nationale déclare que désormais « le mariage est dissoluble par le divorce ». La procédure est alors extrêmement simple, sans juge, et égalitariste, puisqu’une femme peut le demander. Cette loi marque les esprits. A Paris, en 1798, un mariage sur trois est dissout. Le divorce n’est pas une création de la Révolution française, il est pratiqué depuis l’Antiquité, mais le christianisme l’a ensuite interdit, faisant du mariage, en 1215, un sacrement.
La nouvelle loi sur le divorce sera abrogée sous la Restauration, le 8 mai 1816. Il faudra attendre la IIIe République, pour que le divorce soir rétabli en 1884.
1804 Publication du Code civil.
Napoléon Bonaparte, 1er consul, maintient le divorce et les principaux acquis de la Révolution française (laïcité, abolition de la féodalité, liberté de propriété…), il maintient également l’inégalité entre les sexes. Le code Napoléon affirme l’incapacité juridique de la femme, passant de l’autorité de son père à celle de son mari à qui elle doit « obéissance » (article 213).
1884: rétablissement du divorce.
La loi Nacquet rétablit le divorce. Mais les facilités de dissolution du mariage, acquises sous la Révolution ne sont pas rétablies. Si la loi rétablit l’égalité en matière d’adultère, le divorce par consentement mutuel n’est pas rétabli, seul le divorce pour faute est accepté, si la faute peut être prouvée (adultère, condamnation à une peine afflictive et infamante, excès, sévices et injures graves). Il faut attendre 1975 pour que le divorce par consentement mutuel soit de nouveau légal.
1920: interdiction de l’avortement.
La IIIe république vote, par 521 députés contre 55, une loi interdisant la contraception et l’avortement, puni de 10 ans de prison et d’une forte amende. La publicité pour la contraception est également passible de 6 mois de prison. La loi interdit également la formation à la contraception dans les études médicales. L’objectif du gouvernement est démographique.
En 1942, le gouvernement de Vichy fait de l’avortement un « crime contre l’État » passible de la peine de mort.
1944: les femmes françaises obtiennent le droit de vote.
A Alger, les forces françaises accorde le droit de vote aux femmes, 100 ans après qu’il ait été accordé aux hommes. En la matière la France est l’un des mauvais élèves de l’Europe. En effet, les femmes votent en Finlande depuis 1906, depuis 1918 en Russie ou en Allemagne ou depuis 1928 au Royaume-Uni par exemple.
En France, les femmes voteront pour la 1re fois aux élections municipales du 29 avril 1945.
1965: les femmes peuvent travailler librement.
La loi modifie le régime légal du mariage du couple se mariant sans contrat : les femmes peuvent gérer leurs biens propres et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari.
1967: la contraception est légale.
1970: les femmes obtiennent le partage de l’autorité parentale.
La loi relative à l’autorité parentale conjointe modifie le code civil et substitue l’autorité parentale conjointe à la « puissance paternelle » (les deux époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille).
1980 : loi sur le viol.
La loi relative à la répression du viol et de certains attentats aux mœurs donne une définition précise du viol et le reconnaît comme un crime : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol. »
Depuis 1810 le viol était reconnu comme un crime, mais le « devoir conjugal » excluait de fait le viol entre époux. La loi de 1980 précise que le viol est un crime réprimé de 15 ans de réclusion, peine majorée à 20 ans en cas de viol entre époux. En janvier 2026, en clarifiant le code civil, les députés brisent un tabou persistant et rappellent que le consentement sexuel reste indispensable, même au sein du mariage.
2002 : un enfant peut porter le nom de sa mère.
La loi relative au nom de famille vise à renforcer l’égalité entre les père et mère en substituant la notion de nom de famille à celle de nom patronymique. La loi offre aux parents la possibilité de transmettre à leur enfant soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit les deux noms accolés dans l’ordre choisi par eux.
2006 : renforcement de la loi sur la prévention et la répression des violences conjugales.
Promulgation de la loi n° 2006-399 renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs (JO n° 81 du 5). Désormais l’âge légal pour se marier est ramené à 18 ans pour les femmes (au lieu de 15 ans). L’objectif : lutter contre les mariages forcés. De plus, les violences entre conjoints deviennent une circonstance aggravante, en cas de meurtre, la peine maximale encourue est la réclusion criminelle à perpétuité. Le volet de la loi concernant les mineurs vise à augmenter la lutte contre la pédophilie, l’excision et le tourisme sexuel.
2017 : réforme de la prescription pénale.
Cette loi prévoit de doubler les délais en matière de prescription pénale pour les crimes et délits. Les délais de prescription passent à 6 ans à partir du jour où l’acte a été commis en matière de délits, comme les violences par le conjoint, concubin ou partenaire de Pacs, les agressions sexuelles, le harcèlement moral, les menaces de meurtre, de viol ou d’agression sexuelle.
Les délais de prescription en matière de crime sont allongés à 20 ans pour les viols, violences d’un conjoint, concubin ou partenaire de Pacs ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, les meurtres, les enlèvements et séquestrations.
2022 : première femme, présidente de l’Assemblée nationale.
Pour la première fois, une femme, Yaël Braun-Pivet, est élue à la présidence de l’Assemblée nationale. C’est le 4e personnage de l’État, derrière le président de la République, le Premier ministre et le président du Sénat.
2023 : gratuité des préservatifs et de la contraception d’urgence.
La loi de financement de la sécurité sociale instaure la prise en charge à 100 % des préservatifs inscrits sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR) pour toutes les personnes de moins de 26 ans et le remboursement des contraceptifs hormonaux d’urgence, accessibles en pharmacie et sans ordonnance, à toutes les femmes.